Guide du tutorat · usage interne
Plan de discussion
Pour les deux regroupements de 30 minutes (fin de matinée, fin d'après-midi). Le principe d'Oxford : ce sont leurs questions qui ouvrent, pas ton cours. Ils ont déjà tout lu et fait les quiz — ton rôle est de lever les blocages, corriger les erreurs fréquentes et relier à la stratégie d'examen.
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Avant chaque discussion : ouvre le
tableau de bord → onglet du bloc → trie par questions. Les étudiants y ont déposé
leurs 2 questions et leurs
quiz ratés sont visibles. Commence par les 2–3 questions qui reviennent le plus.
Le minutage des 30 min (identique matin & après-midi)
0–6 min
Leurs questions d'abord.Lis à voix haute les 2–3 questions les plus fréquentes (dashboard). Réponds court, renvoie aux autres : « quelqu'un a une réponse ? »
6–20 min
Les 3 points qu'ils ratent.Reprends au tableau les concepts ci-dessous — ce sont ceux que les quiz montrent comme les plus échoués et ceux qui rapportent le plus de points.
20–27 min
Stratégie d'examen.Le format gagnant : définir → illustrer (exemple suisse) → nuancer. Une comparaison + un chiffre.
27–30 min
Clôture.Une phrase qui relie tout (voir chaque bloc). Annonce la suite.
MATIN
L'argent bouge — 2.3 + 3.2
point dur 1CBDC vs Stablecoin
Ils confondent émetteur et garantie, et oublient le « contrôle ». La table EST la réponse d'examen.
À marteler : 3 mots structurent toute réponse — émetteur · garantie · régulation (+ contrôle). CBDC = banque centrale / confiance dans l'État / régulée par construction / centralisée. Stablecoin = entreprise privée / réserves / MiCA-GENIUS en construction / l'émetteur peut geler une adresse.
Pose la question : « e-CNY vs USDC ? » → réponse en 3 mots.
Relance : « et le risque pour la banque ? » → désintermédiation des dépôts.
point dur 2BNPL — le double risque
Ils ne voient qu'un côté. L'examen demande les DEUX.
Cas type : « un client de 22 ans cumule 5 achats BNPL — 3 risques. » Côté client : surendettement silencieux + pénalités + achat impulsif. Côté prêteur : défaut élevé (18–25 ans) + pression réglementaire (UE 2023). Et : le commerçant paie la commission (2–6 %), le fournisseur porte le risque de crédit. Acteurs CH : Cembra, Swissbilling.
point dur 3DSP2 : AISP / PISP / SCA
Les sigles se mélangent.
Mnémotechnique : AISP = voir · PISP = payer (sans carte → menace Visa) · SCA = sécuriser (> 30 €). Suisse hors UE → Open Banking par le marché (bLink, OpenWealth). Phrase : « DSP2 transforme la banque d'un coffre-fort exclusif en infrastructure ouverte — elle garde l'argent mais risque de perdre le client. »
Questions probables — réponses prêtes
« TWINT, c'est bien un rail de paiement, non ? »
Non — c'est le piège. TWINT est une surcouche posée sur le compte/la carte ; l'argent circule sur un rail existant (virement/carte). Atout : détenu par les banques suisses. Limite : CHF, domestique — pas de transfrontalier.
« Un robo-advisor bat-il le marché ? »
Non : il le réplique (ETF + Markowitz + rééquilibrage). Avantage = coût (0,5–1 %), accès (ticket bas), discipline. Pas de performance miracle. C'est la limite honnête à toujours citer.
« Pourquoi la marge de change est-elle "cachée" ? »
Elle est intégrée au taux appliqué (1–2 %), pas affichée comme un frais. Sur 2'000 € → 20–40 CHF. C'est ce que Wise/Revolut suppriment en montrant le taux interbancaire.
« CBDC de détail : pourquoi la BNS est-elle prudente ? »
Une CBDC de détail mettrait la banque centrale en concurrence avec les banques pour les dépôts → risque de fuite des dépôts, donc moins de crédit. La BNS préfère le wholesale (Helvetia).
Corrigé express des quiz du matin
| Mod 1 | B · B · B — marge de change ; TWINT domestique ; SIC = règlement brut temps réel. |
| Mod 2 | B · B · A — PISP sans carte ; SCA > 30 € ; Suisse hors UE. |
| Mod 4 | B · B · B — CBDC = créance sur BNS ; e-CNY le + avancé ; concurrence sur les dépôts. |
| Mod 5 | B · A · B — émetteur/garantie/régulation ; dépeg = perte parité ; désintermédiation du passif. |
| Mod 6 | B · B · A — réplique le marché ; Markowitz ; 0,5–1 %. |
| Mod 7 | B · A · B — commission commerçant ; surendettement ; 18–25 ans. |
| Mod 8 | B · A · A — fin de la mutualisation ; oracle ; variables proxy. |
Clôture du matin
- « La valeur circule par des rails, chacun avec son intermédiaire et sa marge ; la nouvelle monnaie numérique change qui émet et qui garantit — donc qui détient le pouvoir. »
- Chiffres à retenir : seuil SCA 30 €, stablecoins ~250 mia $, robo 0,5–1 %, commission BNPL 2–6 %.
APRÈS-MIDI
Trustless & régulé — 2.2 + 4.1 + 4.2
point dur 1Aave : sur-collatéralisation & health factor
Ils récitent la formule sans relier au « prêter sans connaître le client ».
À marteler : le protocole est anonyme → la garantie remplace le score de crédit → il faut bloquer PLUS que ce qu'on emprunte. La liquidation est automatique, sans préavis ni délai (≠ appel de marge bancaire).
HF = (garantie × 0,825) ÷ dette
1 ETH / 1'200 USDC : 3'000$→HF 2,06 · 1'800$→1,24 · 1'455$→1,00 = liquidation
Fais-leur retrouver 1'455 $ au tableau (ou via le simulateur du parcours).
point dur 2Uniswap : x·y=k & slippage
Le « pourquoi le prix bouge » reste flou.
Au tableau : pool 10 ETH / 30'000 USDC → k = 300'000, prix implicite 3'000 $. J'achète 1 ETH → reste 9 ETH → USDC = 300'000/9 ≈ 33'333 → j'ai versé ≈ 3'333 pour 1 ETH. L'écart ≈ 333 = le slippage. Personne ne décide le prix : il sort de la formule et du volume. Pool profond = moins de slippage.
point dur 3Biais algorithmique — les proxys
Ils croient que retirer la variable « genre » suffit. C'est LE point souvent raté (10 pts).
À marteler : retirer « genre » ne suffit PAS — des variables proxy (code postal, achats) le reconstituent. Cas Apple Card 2019. Remèdes : audit d'équité + explicabilité (SHAP, LIME). L'AI Act 2024 classe le scoring crédit « à haut risque ». Démo dans le parcours (module 9) : retirer genre seul → l'écart reste.
Questions probables — réponses prêtes
« Pourquoi un smart contract a-t-il besoin d'un oracle ? »
Il est aveugle : il ne voit que la blockchain. L'oracle apporte la donnée externe (prix ETH, retard de vol). Risque : un oracle unique manipulable → fausses liquidations (« oracle problem »). Parade : agréger (Chainlink).
« Le halving fait-il monter le prix ? »
Nuance clé : corrélation ≠ causalité. 2024 : offre neuve ÷2 (6,25→3,125), mais ETF spot + baisse des taux jouaient aussi. Les halvings 2012/16/20 ont précédé des hausses 12–18 mois après — schéma, pas garantie.
« Bitcoin et Ethereum, c'est la même chose ? »
Non : Bitcoin = réserve de valeur rare (21 M, halving, ETF). Ethereum = infrastructure programmable (smart contracts, PoS depuis The Merge, staking). Aave/Uniswap/Chainlink tournent sur Ethereum.
« En quoi la Suisse est-elle différente sur la crypto ? »
Elle régule par qualification, pas par interdiction : loi TRD/DLT (2021) modifie le droit existant ; la FINMA qualifie chaque jeton (paiement/utilité/actif). Crypto Valley à Zoug. Tokenisation : SDX, Sygnum, Taurus.
Corrigé express des quiz de l'après-midi
| Mod 1 | B · B · A — 4 mots du « décentralisé » ; smart contract ; prêt + échange. |
| Mod 2 | B · A · B — anonyme → garantie ; ≈ 1'455 $ ; liquidation auto. |
| Mod 3 | B · B · B — x·y=k ; ≈ 3'333 USDC ; pool plus profond. |
| Mod 4 | B · B · B — aveugle ; agréger les sources ; risque déplacé. |
| Mod 6 | A · B · B — 6,25→3,125 ; corrélation ≠ causalité ; tournant ETF. |
| Mod 7 | B · A · B — Bitcoin vs Ethereum ; The Merge/PoS ; RWA passerelle. |
| Mod 8 | B · A · B — 3 buts ; KYC vs AML ; qualification (FINMA). |
| Mod 9 | B · A · B — proxys ; SHAP/LIME ; AI Act « haut risque ». |
Les modules 5 (atelier oracle) côté après-midi et 3 (atelier rail) côté matin n'ont pas de quiz — ils se cochent à la main après l'atelier.
Clôture de l'après-midi
- « Trustless. Mais pas sans règles. » Le code remplace l'intermédiaire — la loi revient toujours par la porte de derrière.
- Ce qui rapporte vraiment : contexte suisse précis (FINMA, LBA, SIX) · comparaison argumentée · scénario à 3 risques · chiffres 2024–26 (halving 6,25→3,125, ETF spot janv. 2024, MiCA 2024).
- Format de chaque réponse : définir → illustrer (exemple suisse) → nuancer (limite/risque).