Votre groupe est le comité d'investissement de Meidell Capital Partners. La direction vous confie 100 000 000 CHF à allouer. Vous avez 3 heures pour décider où, le justifier par les données macroéconomiques, et le défendre devant le comité de direction.
Tous les groupes reçoivent les six mêmes pays. Il n'y a pas de « bonne » réponse unique : ce qui compte, c'est la cohérence entre vos données et votre allocation, et la qualité de votre justification. Deux comités peuvent diverger fortement — et avoir tous deux raison, s'ils défendent bien leur lecture.
Un client institutionnel nous confie 100 millions de francs suisses (CHF 100 000 000) pour un nouveau mandat. Vous êtes chargés de construire l'allocation et de la défendre devant la direction.
Les paramètres du mandat sont les suivants :
Je ne veux pas d'intuitions. Je veux une thèse fondée sur les données macroéconomiques : croissance, inflation, taux directeur, taux des obligations à 10 ans, chômage, dette publique, et la trajectoire de la devise. Pour chaque franc placé, vous devez pouvoir répondre à la question : « pourquoi ici, et pas ailleurs ? »
Un avertissement, tiré de l'expérience : le rendement affiché n'est pas le rendement encaissé. Le pays au taux obligataire le plus élevé n'est pas forcément le plus rentable une fois l'inflation et le change pris en compte. À vous de le démontrer.
Le strict minimum pour transformer des données macro en décisions d'investissement. Lisez, puis franchissez le contrôle de compréhension en bas.
Acheter une obligation d'État, c'est prêter de l'argent au gouvernement contre un intérêt : le taux à 10 ans (le « rendement » / yield). Plus un pays est perçu comme risqué ou inflationniste, plus il doit offrir un taux élevé pour attirer les prêteurs.
Un taux élevé n'est pas un cadeau : c'est une prime de risque. Le marché vous paie plus parce qu'il y a plus à craindre.
Mais ce qui compte, c'est le rendement réel — le taux une fois l'inflation retirée :
Un taux turc de 30 % avec 40 % d'inflation, c'est un rendement réel négatif : vous perdez du pouvoir d'achat. Un taux suisse de 0,6 % avec 0,3 % d'inflation est faible… mais positif et sûr.
Notre client compte en francs suisses. Si vous placez au Brésil et gagnez 12 % en réal, mais que le réal perd 15 % face au CHF sur l'année, votre client a perdu de l'argent une fois reconverti.
Le franc suisse est une monnaie refuge : il a tendance à s'apprécier dans les crises. Pour un investisseur basé en CHF, cela rend les actifs étrangers structurellement risqués sur le change. C'est le cœur du mandat.
Régimes de change, parité, balance des paiements (Séance 6) : une monnaie à fort déficit courant et forte inflation tend à se déprécier ; une monnaie refuge à excédent courant tend à s'apprécier.
Une action, c'est une part d'entreprise. Sa valeur dépend des bénéfices futurs, donc de la santé de l'économie. Les indicateurs à surveiller :
Obligations : on est payé pour la stabilité. Actions : on est payé pour la croissance — et on encaisse la volatilité.
Tout se ramène à un arbitrage. Un pays peut offrir un rendement élevé (Brésil, Turquie) et un risque élevé (devise, inflation, politique). Un autre offre la sécurité (Suisse, Allemagne) et un rendement faible. Le mandat est « équilibré » : à vous de doser.
| SIGNAL MACRO | PLUTÔT FAVORABLE AUX… |
|---|---|
| Banque centrale qui baisse ses taux | Actions et obligations existantes (leur prix monte) |
| Inflation élevée et persistante | Personne — érode le rendement réel et la devise |
| Croissance forte, chômage bas | Actions |
| Monnaie refuge, excédent courant | L'investisseur en CHF (protège le change) |
Répondez juste aux trois pour débloquer la collecte de données. Ce ne sont pas des chiffres à retenir — ce sont les mécanismes.
Pour chaque pays, allez chercher les vrais chiffres et notez-les. Quand chaque champ est rempli, le contrôle se déverrouille. Ne devinez pas — sourcez.
Toutes gratuites, toutes à jour. Notez la date de consultation.
tradingeconomics.com · FMI — World Economic Outlook · Banque mondiale · OCDEPour le taux à 10 ans et le taux directeur : Trading Economics (« Bonds » / « Interest Rate »). Pour PIB, inflation, chômage, dette : Banque mondiale ou FMI. Pour la devise : tapez la paire face au CHF (ex. « USD CHF »).
Croissance du PIB (%) · Inflation (%) · Taux directeur (%) · Taux oblig. 10 ans (%) · Chômage (%) · Dette publique (% du PIB) · Tendance de la devise face au CHF (↑ / ↓ / stable).
Répartissez les 100 millions. Chaque curseur = le montant alloué au pays ; le second curseur = la part en actions vs obligations. Le total doit faire exactement 100 M, aucun pays au-dessus de 40 M.
Indicateur indicatif : pondère les pays « risqués » (Brésil, Turquie) et la part actions. À vous de juger si cela correspond au mandat « équilibré ».
Remplissez la trame. Vous présenterez 5–7 minutes : la thèse globale, puis 2–3 décisions clés justifiées par les données. Imprimez la page (Ctrl/Cmd + P) pour garder votre brief.
Pour vos trois allocations les plus marquantes (y compris un éventuel « 0 »), reliez le chiffre macro à la décision.
Faites une capture d'écran de ce certificat et envoyez-la au professeur.