En macroéconomie, on étudie la croissance, l'inflation, le chômage. En finance, on veut savoir où placer son argent. Le pont entre les deux, c'est le taux d'intérêt — fixé, à la base, par la banque centrale.
Nous allons descendre cette chaîne étage par étage. Retenez l'ordre : la banque centrale agit d'abord, tout le reste suit.
Le taux auquel la banque centrale prête aux banques commerciales. C'est le point de départ de tous les autres taux de l'économie. Fed, BCE, BNS, Banque du Japon… chacune fixe le sien.
Surtout : maîtriser l'inflation. Inflation trop haute → elle monte les taux pour freiner l'économie. Économie faible → elle baisse les taux pour la stimuler.
Le taux directeur est l'instrument n°1 de la politique monétaire.
À partir du taux directeur se forme le taux sans risque : le rendement que l'on obtient sans prendre aucun risque de défaut. En pratique, on l'approxime par le taux des obligations d'État les plus sûres (Bund allemand, T-bond américain, Confédération suisse).
C'est le rendement plancher de toute l'économie. Aucun investisseur rationnel n'acceptera un placement risqué s'il rapporte moins que le sans-risque. Tout rendement se mesure par rapport à lui.
Taux directeur ↑ → rf ↑ → tout devient plus cher à financer et le seuil de rentabilité monte pour tous les actifs. Taux directeur ↓ → rf ↓ → les actifs risqués redeviennent attractifs.
« Sans risque » est une idéalisation : même un État peut faire défaut. Mais pour un investisseur en CHF, la Confédération suisse en est très proche.
Une obligation paie un coupon fixe. Si les taux du marché montent, les obligations anciennes (à coupon faible) deviennent moins attractives → leur prix baisse jusqu'à ce que leur rendement rejoigne le marché.
Un taux nominal de 28 % avec une inflation de 35 % = rendement réel négatif. Vous perdez du pouvoir d'achat malgré un chiffre spectaculaire.
Un taux suisse de 0,6 % avec une inflation de 0,3 % = rendement réel faible mais positif et sûr.
Le rendement affiché n'est pas le rendement encaissé.
Une action est risquée : pas de coupon garanti. Pourquoi un investisseur l'achèterait-il plutôt qu'une obligation sûre ? Parce qu'il exige une rémunération supplémentaire pour le risque. Le CAPM (modèle d'évaluation des actifs financiers) formalise ce rendement exigé.
Tout part de rf — le même taux sans risque que l'étage 2. La banque centrale est donc présente jusque dans le prix des actions.
Le rendement de base, gratuit de risque. Si rf monte (banque centrale stricte), le rendement exigé sur les actions monte aussi — et leur valeur tend à baisser.
La sensibilité de l'action au marché. β = 1 : bouge comme le marché. β > 1 : amplifie (cyclique). β < 1 : amortit (défensif).
Le surplus exigé pour détenir des actions plutôt que du sans-risque. Plus l'incertitude est grande, plus la prime exigée est élevée.
Intuition seulement — pas de calcul ici. Le message : le rendement d'une action n'est pas un mystère, c'est une compensation du risque, ancrée sur le taux sans risque.
Une seule décision de banque centrale fait bouger obligations et actions, dans le même sens.
C'est pourquoi les marchés sont suspendus aux annonces de la Fed, de la BCE ou de la BNS.
Notre client compte en francs suisses. Le rendement gagné à l'étranger doit être reconverti en CHF.
+12 % en réal brésilien, mais le réal perd 15 % face au CHF → l'investisseur suisse a perdu de l'argent.
Le CHF tend à s'apprécier dans les crises. Les actifs étrangers sont donc structurellement risqués sur le change pour un investisseur suisse.