Le code remplace l'intermédiaire — la loi cherche à reprendre la main. On a rejoué le matin ensemble ; maintenant tu pars étudier seul·e ~1 h 30, puis on se retrouve 30 min pour clarifier. Cible : 2.2 DeFi + 4.1 Bitcoin/Ethereum + 4.2 Régulation & Éthique = 30 points.
Ta progression, tes scores et tes questions sont enregistrés pour l'enseignant. Entre ton nom avant de commencer.
Trois propriétés de la blockchain rendent la DeFi possible : registre partagé (tout le monde voit les mêmes transactions), immuable (rien ne s'efface), programmable (on dépose du code qui s'exécute seul : le smart contract). Ethereum est la blockchain reine pour ça.
| Finance traditionnelle | DeFi | |
|---|---|---|
| Qui valide | Une banque tient le registre. | Un smart contract open source. |
| Accès | KYC, horaires, frontières. | Sans permission, 24/7, mondial. |
| Confiance | Dans l'institution & le régulateur. | Dans le code & la blockchain. |
Aave, Compound — déposer pour un intérêt, ou emprunter contre garantie.
Uniswap, Curve — échanger un jeton, sans carnet d'ordres.
DAI, USDC — le « cash » de la DeFi.
staking, yield — bloquer des actifs pour une récompense.
Aave est un marché de prêt décentralisé. Les prêteurs déposent dans un pool et touchent un intérêt ; les emprunteurs y puisent — mais le protocole ne connaît pas l'emprunteur (pas de KYC, pas de score). La seule garantie possible, c'est l'argent : l'emprunteur doit bloquer plus que ce qu'il emprunte. C'est la sur-collatéralisation.
Exemple : pour emprunter 100 $ d'USDC, tu bloques 150 $ d'ETH. Si l'ETH chute, ta garantie ne couvre plus la dette → le protocole la vend automatiquement : la liquidation, sans appel ni délai.
Au-dessus de 1 : sain. En dessous de 1 : liquidation. Le seuil de l'ETH sur Aave est 82,5 %.
Une bourse classique a un carnet d'ordres (acheteurs vs vendeurs). Uniswap supprime tout cela : un Automated Market Maker (AMM) fixe le prix par une formule, et tu échanges contre une réserve commune (le pool de liquidité). Des fournisseurs de liquidité déposent les deux actifs et touchent les frais.
x = ETH dans le pool, y = USDC, k = constante. Si tu retires de l'ETH (tu en achètes), x baisse → il faut plus d'USDC pour garder k → le prix de l'ETH monte mécaniquement. L'écart entre prix attendu et prix obtenu = le slippage. Pools profonds = moins de slippage.
Un smart contract est aveugle : il ne connaît que ce qui est sur la blockchain. L'oracle lui apporte l'info du monde extérieur (prix de l'ETH pour Aave, retard d'un vol pour une assurance). Mais si un seul oracle fournit la donnée, le manipuler trompe tout le contrat : c'est le « oracle problem ». Parade : agréger plusieurs sources (Chainlink, Pyth, Band).
Un bug = des fonds volés, sans recours. Des centaines de millions déjà disparus.
Donnée manipulée = liquidations injustes.
Un krach liquide en cascade, sans préavis.
Aucune garantie d'État. Si ça tourne mal, personne ne rembourse.
Tu ouvres une position sur Aave, tu fais bouger le prix de l'oracle — et tu déclenches (ou évites) la liquidation, en direct. C'est le clou de l'après-midi.
Bitcoin en 3 idées : offre limitée (21 M max, rareté programmée), minage (sécurise le réseau contre récompense), décentralisé (ni banque centrale ni État).
La récompense des mineurs est divisée par deux : 6,25 → 3,125 BTC par bloc (~900 → ~450 BTC/jour). Offre neuve qui chute + demande stable → pression haussière. Le BTC est passé d'environ 65'000 $ à plus de 100'000 $ fin 2024 — mais d'autres facteurs jouaient (ETF, baisse des taux).
Un ETF spot détient du vrai Bitcoin et réplique son prix — aussi simple qu'acheter une action. La SEC les a refusés ~10 ans, puis approuvés en janvier 2024 : BlackRock (IBIT), Fidelity (FBTC). Flux entrants > 50 mia $ en 2024.
Si Bitcoin est « l'or numérique », Ethereum est « l'ordinateur mondial » : c'est sur lui que tournent la plupart des smart contracts (Aave, Uniswap, Chainlink). Depuis The Merge (2022), il valide par preuve d'enjeu (staking) au lieu du minage — consommation d'énergie −99 %. Le staking = bloquer des ETH pour sécuriser le réseau et toucher un rendement « natif » qui intéresse les institutions.
Représenter un actif réel (obligation, action, immeuble, or) par un jeton sur blockchain : échangeable 24/7, fractionnable, règlement quasi immédiat. C'est là que les banques investissent vraiment (là où la DeFi « pure » leur fait peur). BCG estime le marché à plusieurs milliers de milliards d'ici 2030.
La finance est très régulée pour trois raisons : protéger le client · préserver la stabilité (risque systémique, 2008) · lutter contre la criminalité (blanchiment, terrorisme).
La blockchain aide (registre traçable, identité décentralisée) mais complique aussi (adresses pseudonymes, mixers, pas de guichet KYC en DeFi).
Autour de Zoug, la Crypto Valley (la Fondation Ethereum y est née). En 2021, la Suisse a adopté la loi TRD/DLT : plutôt qu'une loi crypto séparée, elle a modifié le droit existant pour reconnaître les titres tokenisés. La FINMA qualifie chaque jeton selon sa fonction (paiement, utilité, actif).
Confier une décision de crédit à un algorithme semble objectif. Mais un modèle apprend sur le passé — et s'il contient des discriminations, il les reproduit. Cas célèbre : l'Apple Card (2019), où des femmes recevaient une limite plus basse à revenus égaux, sans que le genre soit utilisé directement.
L'AI Act européen (2024) classe le scoring de crédit comme usage « à haut risque » : documentation, supervision humaine, transparence. La loi impose ce que l'éthique recommandait.
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